Blues march

Ces rues de Tours où nul ne va jamais,
au hasard d’un après-midi torride et désert,
inventons-nous des parents…
Lui, bienveillant et maladroit
Elle gracile et réservée,
il l’attend à la sortie de son travail,
ne sait que faire de ses mains
et ses jambes trop grandes dans son pantalon,
elle est avec une amie et ne sait que dire,
au hasard des rues il les fait rire
puis vont boire à l’ombre d’une terrasse,
on y joue « Blues march », Art Blakey
et les jazz messengers…
tout cela s’évapore en à peine quelque chose
et pourtant l’haleine du soupirail en nos pas
fait se bouger le coeur et nouer la gorge…
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Echoes

Pompéi et ses désinvoltes demi-dieux,
enfants électriques au regard de loup,
Ainsi, l’amphithéâtre sera ce cercle de l’univers visible,
Où quatre titans éclabousseront de violents torrents
de matière organique,
Constellations de Mason, Waters, Gilmour et Wright
naine blanche de Barrett, explosée en plein vol
et de ce son fossile,
sublimée en couches d’écho et de réverbération
se sculptera une des réponses de l’univers
envers lui-même
et sa propre énigme.

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Sentinelle

L’assemblée est en liesse, le verbe truculent…
Et toi, tu es là, en sentinelle d’un autre espace et d’un autre temps,
Sur l’épaule, ta veste, mais cela pourrait être aussi bien
une toge ou un sac de pèlerin…
Et le vin que tu verses est de saveur christique,
un peu plus sensible, un peu plus résigné,
du sport, l’ennui des bancs de touche,
Et des beaux-parleurs, une place à l’ombre…
Non, nous ne connaissons rien de nos proches,
chaque être anodin est un miracle qui s’ignore.
Tiens ton poste, on ne te demandera rien d’autre,
Ecoute le silence derrière la joute des conversations,
Observe la lune au dessus de la foule extatique,

Et se dire,
Tout cela n’est pas sérieux, non,
tout cela n’est pas sérieux…

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L’enfant, le ciel et la rivière

 

Nous avons tous ce souvenir, cette expérience,
D’un alignement parfait, d’une plénitude sans mots,
d’un bonheur sans enjeu…
L’enfant, dans sa chambre l’été,
regardant le ciel d’un bleu profond,
cette chanson lui tend la main
« je suis entré dans l’église, je n’y ai vu
personne,
que le regard éteint du plâtre des statues… »
le rideau agite la main lentement,
tel un nénuphar bercé par la rivière ensemencée,
il pêche, lentement, frissonne des bêtes qui surgissent
des ronces et des souches cornues
« j’ai croisé le mendiant qui à perdu sa route,
dans mon manteau de pluie je lui ressemble un peu ».
Alors l’enfant ressent de l’amour, destiné à personne
ou plutôt, que chacun se serve…
« on m’avais dit que tout s’efface, mais le temps passe
heureusement, heureusement… »
Je fus l’enfant, le ciel et la rivière… 

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(d’après « je pense encore à toi » F. Cabrel-1979)

John William Coltrane

 

John Coltrane.
Dans sa quête, l’homme est allé jusqu’à nous faire entendre jusqu’à l’infrarouge et l’ultraviolet des sons,
propager les ondes de forme, traduire l’effroi
des distances…
agiter le chaos et puiser aux tonalités des astres.
Et lui, le regard absent, détaché des choses triviales,
Sous la voûte d’une cave, dans une jungle moite
de peaux et de cymbales, de cordes mugissantes,
parle aux cieux dans un saxophone d’airain.

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Chemin brûlant

Qui que vous soyez, seul,
vous ferez la traversée du désert.
Il ne vous ménagera pas et peut avoir raison de vous
en quelques heures,
vous laissant en coquilles vides parmi d’autres vanités calcifiées.
Sur le chemin, écoutez les personnes qui savent,
elles vous vanteront la poussière d’or et les lingots
brûlant la corne sous vous pieds.
Ecoutez les personnes qui ne savent rien
où bien ne savent plus,
car ceux-là seuls ont troqué leur mots
contre un gobelet d’eau
qu’elles vous tendent de leurs mains hallucinées…
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Jaco

Jaco,
et puis le silence juste après le prénom…
bulletin météo de 1978,
J’avais 10 ans
et puis les autres : Joni Mitchell, Stevie Wonder…
la sueur qui colle au front des musiciens,
les audaces de toutes sortes
et les sons qui cristallisent l’éternité
des mélodies que l’on regarde au travers
d’un kaléidoscope sans fin,
qui n’était autre que son terrain de jeu…
Il nous avait prévenu,
il était le meilleur mais ne s’apaiserait pas,
car voyez vous, il ne resterait pas longtemps…
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