AUBE

Bouddha

Mon œil de pierre s’ouvre sur le village
La poussière de l’aube y est rose et orangée
Scintillant sur les maisons aux toits cornes de buffle,

Le coq nain parade sur les terrasses
Et la brise agite les tubes de bambou
Palabrant en sons grêles au souvenir de l’eau,

Femmes et hommes affairés
Chétives marionnettes d’un théâtre sans cesse joué,
Annoncé par le gong mille fois retentissant.

Un vieillard est à mes pieds qui médite
Sa posture est semblable à la mienne,
Miroitante et claire est son eau…

D’autres esprits,
Infestés par les larves de moustiques
Attendent la salamandre géante,
Dévoreuse et rédemptrice…

Le chœur des gibbons couronne la canopée
Puis se tait quand le tigre passe,
La lune doucement, s’évapore…
Ne reste que la vision de l’œil fermé.

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