Archive for juillet 2013

MAHENDRADHATTA

MAHENDRADHATTA

 

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Peut être est-ce l’un des noms qu’elle porte,
Cette déesse dont le visage saille sous ma peau
Et dont l’éclat laisse sans défense,
Mes certitudes et mes ignorances.

Mon être est tel un bol d’eau
Recevant le pinceau gouaché,
Infusant une douce couleur
A l’humeur du moment.

Dans son royaume naissent des chutes d’eau,
Maquillées de poissons aux nageoires purpurines
Aux écailles de miroir courtisées par les algues graciles.

Le tigre se prosterne pour s’abreuver ;
Des cris d’oiseaux ricochent sur les gongs rutilants.

Les visions s’enchaînent et s’estompent,
Troublant à peine le paisible liquide
Comme le noyau de marbre d’une statue
S’évapore sous les traits de la déesse.

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SEPTENTRION

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Il marchait sur les pavés d’un port breton,
L’œil vide et le corps libre comme une voile.
« Marche petit homme », se disait-il, en traversant
Les champs tirés au cordeau ;
Gardant un œil sur la petite ourse
Et accrochant d’une main le fil invisible
Qui le reliait à l’étoile polaire
Comme un enfant à son ballon.

Les nuages appuyaient sur les champs d’orge
Et dans les rafales de vent grisâtres,
l’air sentait le varech.

Les nuits, il dormait dans les granges,
près des premières forêts de conifères
ou s’abritait sous un arbre,
le froid mordant comme une épée.

Les fleurs se raréfiaient à mesure qu’il progressait vers le nord
et entre deux rochers, il s’allongea
près de celle qui semblait bien être la dernière
avant le grand désert, la neige…

Sur le dernier port, quelques marins virent arriver
cet homme au visage de Christ
et à la barbe de cristaux de givre.
Il voulait un frêle esquif pour atteindre une île
que personne ne connaissait.

Alors les vagues lui semblèrent un gigantesque arpège,
l’onde immortelle d’un son primordial.
Peu à peu il glissa en des contrées inatteignables hors du rêve
et même la brume ne pu le suivre…