LA STEPPE BLANCHE

  

 

J’ai vu dans la tourbière

Les plantes aux tiges dressées,

Soulevant avec grâce leur capitule

A la façon d’un cygne coiffé.

  

J’ai vu dans le train

 Où sommeillait un peuple harassé

L’incandescence rose émergeant

De la nuit des steppes.

  

J’ai vu des époques si lointaines,

Des contrées si secrètes,

A travers le fleuve boueux

Et écumant du temps.

  

J’ai vu le feu ravir les chandelles

Puis rougir les sabres,

Éclairer la suie des icônes

Et se répandre dans les bouleaux.

 

Maintenant la voie oblique,

Et doucement les rails s’effacent sous la neige,

Je descends vers mon royaume,

Vers le mystère et l’obscur

Des massives forêts…

 

 

 

 

 

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