Bientôt nous n’aurions plus les pieds sur terre,
nous allions dessiner des voitures en forme de rectangle
et des usines alignées en lames de scie…
Nous coupions les liens avec le néolithique de l’enfance…
les dinosaures allaient mourir et les rivières se figer
dans les bouteilles consignées,
les terrains vagues, vagues terrains incultes
tous justes bon pour la photo d’adieu au passé,
passé insalubre aux reliefs improductifs.
Mais j’oublie et je joue sur le bitume, j’aime
l’odeur du ciment frais,
je mange mon quatre heures devant la soufflerie
du centre commercial qui sent l’ozone.
Splendeur et triomphe, abondance et parkings
le temple qui recrache des chariots garnis
se voit doter d’une arche démesurée
et à lui seul, devient un nouveau point cardinal
du nord de la Loire,
l’amnésie commence, il est temps de sonner la fête
et de ne plus croire en rien sauf peut-être,
à des prodiges de plastique et,
à quelques mots à la mode qui ne désignent
plus rien de vivant.

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