En 1872, Manet peint à nouveau Berthe Morisot, une fois de plus, avant que les choses ne deviennent trop douloureuses pour un amour aveugle qui est resté sans voix…
Alors, avant de ne plus poser de regard sur lui, elle s’est laissée peindre au plus sombre de sa beauté, elle, ce coucher de soleil noir au visage si blanc…
Ce regard à la fois intense et absent protégé par les deux ailes de corbeau de la lourde chevelure. Distante, elle laissait au peintre son mutisme, l’opacité de son quant-à-soi…
La robe est sublime, mais Manet coupera le bas de la toile, peut-être gardait-il pour lui la réserve d’une pose allongée exclusive…
Ce visage en couteau, tourmenté de vie intérieure, belle, mystérieuse, je ne saurai dire… Mais magnifique, oui, assurément.manet-berthe-morisot-1873