Petit essai sur Halloween, hommage à la forêt…
A ceux, séduits par le grand simulacre d’imageries menaçantes et de fêtes éthyliques, qu’en est-il de votre vision de la grande Nature ? L’apanage de l’obscur n’est-il réservé qu’à des arrogances médiatisées ?
Dans un roman où Victor Hugo(*) nous parle de la pieuvre, il nous avoue avec effroi :  » Quand Dieu veut, il excelle dans l’exécrable.Le pourquoi de cette volonté est l’effroi du penseur religieux. Tous les idéals étant admis, si l’épouvante est un but, la pieuvre est un chef-d’œuvre. »
Ainsi, en cette période où la frontière entre le monde visible et invisible est si ténue, la forêt reste un des derniers sanctuaires pour s’initier à « l’autre temps », pour se mesurer à sa propre peur. La nuit. Et seul, bien entendu.
L’arbre est ce Christ roux, l’humus en est la crypte, le cri des bêtes, la psalmodie sur la corde de récitation du vent lointain.
La lune vous laissera imaginer les formes sur sa surface phosphorique mais restera intraitable. Sous ses rayons, la Nature renouvellera et détruira puissamment, dans une compréhension où le maître de l’hiver nous empêche l’accès…

(*) Les travailleurs de la mer950e78b701353a66d6723aa73358f02a