L’auteur ne l’a pas connu, mais son sang coule dans ses veines et le sang de son histoire aussi…
Une famille et un bonheur simple, tout le temps que ça dure, et puis, comme le dernier soir d’une semaine de fête, une mélancolie s’installe. La lumière qui décroit fait partir les amis, les couleurs. Il est parti aussi.
Dans la maison, il a laissé jusqu’à son nom comme un vieux linge qu’on ne veut plus mettre puis il a traversé les champs, les plaines immenses, trébuchant.
Amaigri, c’est chargé d’un jouet de bois sous le bras qu’il se présentait dans les villages, dormant dans les églises, les mairies, jusqu’à ce qu’on ait besoin d’un menuisier.
Le temps passe, les hommes rient et boivent mais il y a cette vieille femme qui ressemble à sa mère et dans ses regards noirs, elle semble lui dire « pourquoi tu as fait ça ? Hein ?pourquoi toi tu pars toujours ? Et elle et les enfants ? Qu’est-ce que toi faire maintenant ? »
Il y a des jours durant où Feodor reste muet, inconsolable, mais il sculpte et peint ses jouets et quand approche enfin Ederlezi, la fête des lumières, il offre aux enfants ses bateaux de bois, charriant une bougie sur le fleuve qui rit enfin…
(Photo : Manuel Gipouloux)
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