Il n’y avait de neigeux que le pelage de ce grand chien blanc, perdu au milieu d’une rue piétonne,
bousculé par les pas rapides, les sacs de course
et ne comprenant pas vraiment le français quand…
il est dépossédé de mots gentils, d’expressions douces…
Alors le grand chien blanc se disait qu’il fallait faire
quelque chose qui intéresserait ces humains
aux vêtements luisants et aux coiffures compliquées…
Il ne connaissait qu’une seule chanson,
une chanson sauvage,
celle de ses ancêtres aux yeux perçants
à la fourrure grise et fauve
et aux dents de phosphore…
mais sa chanson se heurta aux roues
et au vacarme des maisons de métal…
Il n’amusa qu’un petit chien, futé et enjoué
voyant ce gros chien désabusé et lent,
il l’harnacha d’une corde et le fit trotter,
bon bonhomme blanc précédé d’un lutin
aux oreilles papillon…
La rencontre aurait pu en rester là
mais des jours et des jours de fugue
à traverser les champs, les zones
dangereuses…
et enfin, l’immense forêt de neige, enfin
et les deux chiens, ivres de neige
et de visions de lièvres polaire
reçus avec chaleur et affection
dans le plus lointain des villages,
ou la chanson Sauvage et envoûtante
fut accueillie par le feu des regards
comme le plus beau des cadeaux

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