L’aube révèle en moi une nostalgie du fond des âges,
une ère où tout est soumis au règne intraitable de la forêt,
je suis proie et prédateur…
Mon œil est comme cerclé de fer,
la menace inonde l’écume de mes crocs
et ma plaie qui saigne m’étreint d’un doux vertige…
Des milliers de siècles suffiraient,
à faire naître des petits ou gratter la couche de glace.
mourir solitaire ou avancer…
Parfois sur le piton rocheux, j’aime fixer les étoiles,
je n’ai pas encore de questions,
seulement de la peur et des certitudes…
Mes yeux sont plus cruels que les ongles du chamane
mais le silence dans lequel je repose,
me comble de trésors de sagesse
qu’aucun homme de terre ou de mer ne pourra caresser…
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