LA VIE SIMPLE

Une seule ruelle, c’est là tout mon village.
Une arche de pierre surmontée d’une sorte de fenil,
Telle une grange en l’air…
Les oiseaux s’y blottissent.
Dans la paille, un couple de faisans, un canard…

De plain-pied est ma maison.
La porte, les fenêtres, le toit, tout a la forme de l’arche,
Le sol est un gaufrier de tommettes, de pavés.

Mon hibou est là,
Le bec lesté d’un mulot capturé,
Il dort à présent.

La cour est singulière, vaste puits de lumière
Ceinturé de niches et d’étables troglodytes,
C’est la fête aux hirondelles, aux lérots…

Je vais voir les voisins,
Parmi les oiseaux, les chants, la quiétude,
Nous mangeons, marchons, dormons,
Le temps s’écoule,
Peut-être même a –t-il tout à fait disparu…

Vous ai-je dit ?
Je garde des secrets jamais révélés de mémoire d’homme,
Je n’en ai jamais ouvert le coffre
Et ceux qui devaient venir l’enlever
Ne sont jamais venus…

Emmanuel Rousseau