« Le château ? Vous y êtes, après la voie ferrée, c’est juste à l’entrée du village… »
Chenonceau, charmant petit village dont il faudra reparler.
Il y a beaucoup de monde ce week end de mai. La grande allée de platanes et deux grands sphinx indifférents à cette foule ipodisée, audio guidée et lestée encore de quincaillerie technologique dictant sa loi.
Ainsi sur la porte principale en bois sculpté vous pourrez lire :
Franciscus Dei Gratia Francorum Rex, Claudia Francorum Regina
Puis derrière :
Free wifi.
On regarde beaucoup les sols à Chenonceau, leur géométrie de tomettes, le damier de la grande salle de bal, transformé en hôpital militaire durant la première guerre mondiale et orné de médaillons présentant de pittoresques personnages, allant de Pierrot lunaire doux aux faciès austères de barbus engoncés dans des fraises rigides…
Panneau numéro 7 : les cuisines. L’exiguïté de l’escalier offre une vision de remontées mécaniques dont on ne sait plus si la file commence en haut ou en bas. Bahuts, pots de grès, immense cheminée, nuanciers de poêlons de cuivre et tête de sanglier.
Dans le cabinet vert, on peut s’attarder sur le tableau des trois évêques, visages pâles comme des volailles plumées, réalité organique des visages, paupières gonflées…
Un autre, Jésus chassant les marchands du temple, étonnant.
Jésus, le bras menaçant, frappe…
On monte deux étages pour arriver au tombeau de Louise de Lorraine, ici, les fastes de Diane de Poitiers et de Catherine de Médicis, les salles empourprées et fleuries, n’existent plus.
Un souffle froid hante cette chambre sépulcrale, il est temps de descendre.
Vous pouvez vous arrêter au balcon du premier étage, jouer à la famille royale, envoyer des saluts aux peuple jetant des souhaits au fond du puits, vous verrez surtout les vrais seigneurs du lieu : sa majesté le Cher et la Forêt, loin de toute préoccupation humaine…